pu82-01b

La châsse de sainte Gertrude de Nivelles (Inv.1982-01).

La châsse de sainte Gertrude fut commandée en 1272 par le chapitre de Nivelles aux orfèvres Nicolas de Douai et Jacques de Nivelles. Détruite au cours de l'incendie de la collégiale le 14 mai 1940, un des plus beaux monuments de l'orfèvrerie du XIIIe siècle peut espérer revivre : les "Dommages de Guerre" donnent les moyens financiers pour faire ce travail. Le problème est complexe, il faut : faire une copie conforme à l'identique, de la châsse détruite, présenter les "restes" de la châsse originale retrouvés après l'incendie, restes vénérables que l'on doit garder précieusement, mais aussi "montrer", refaire une châsse qui serve pour le culte.

La copie conforme à l'identique est réalisée par des procédés de moulage et de galvanoplastie en octobre 1988. Le mélange de statues lourdes (métal coulé) et de plaques légères dans un métal fragile (galvanoplastie) est intransportable et donc impropre au culte particulier à Nivelles qui trouve son expression populaire dans le "Tour de sainte Gertrude". Elle est actuellement visible dans la salle de l'empereur.

La présentation des restes vénérables s'est achevée en 1996, après avoir été exposés à Cologne (Cäcilienkirche) du 24 novembre 1995 au 11 février 1996 et à Paris (Musée de Cluny) du 12 mars au 10 juin.

On décide de créer une "châsse contemporaine", œuvre moderne confiée au sculpteur Félix Roulin dès 1978. Cinq ans de travail est nécessaire pour aboutir à ce travail qui tient compte des exigences de la liturgie, du folklore comme de l'esthétique moderne.

En dehors du "Tour de sainte Gertrude", la châsse doit reposer dans un édicule qui permet aux pèlerins de rendre à sainte Gertrude un culte pendant toute l'année. La grande originalité de la châsse de Nivelles, unique dans le monde des châsses, est d'être une sculpture composées de volumes polymorphes articulés dont nous désignons les changements de volumes en parlant de phases 1, 2 et 3. Ces formes sont obtenues par le pivotement de quatre volets autour d'un volume central qui contient la cassette-reliquaire. Cette solution limpide s'accompagne de beaucoup d'astuces et de précautions pour les transformations, les fixations et le transport. Dès 1979, les premiers croquis ont posés l'essentiel de la châsse.

Au cours du travail, les frontons seront décorés de statues en argent 750/1000, moulages des pièces anciennes. La phase 2 sera également ornée par de 32 panneaux en argent 1000/1000 estampés et ciselés.

Cette page a été mise à jour le 15/03/08.